Article mis à jour le 11/08/2026
À l’approche de l’hiver, la même question revient : faut-il prendre de la vitamine D dès que les journées raccourcissent ? La baisse de l’ensoleillement peut réduire la production de vitamine D par la peau, mais elle ne signifie pas que chacun doit prendre le même complément, au même rythme ou à la même dose. Dans notre rubrique Bien-être, nous vous aidons ici à distinguer les apports alimentaires, la synthèse cutanée, le dosage sanguin et la supplémentation afin de prendre une décision raisonnable — et, si nécessaire, d’en parler avec un professionnel de santé.
À quoi sert réellement la vitamine D ?
La vitamine D contribue notamment à l’absorption et à l’utilisation normales du calcium et du phosphore. Elle participe ainsi au maintien d’une ossature et d’une fonction musculaire normales, ainsi qu’au fonctionnement normal du système immunitaire. L’Anses rappelle ses principaux rôles physiologiques et souligne qu’un déficit profond peut avoir des conséquences osseuses.
Cela ne permet toutefois pas de conclure qu’un complément de vitamine D prévient à lui seul les infections hivernales, améliore l’humeur ou traite une fatigue. Un nutriment peut être indispensable au fonctionnement de l’organisme sans que sa consommation au-delà des besoins procure un bénéfice supplémentaire.
D’où vient la vitamine D utilisée par l’organisme ?
La production par la peau sous l’effet des UVB
Une partie de la vitamine D est produite par la peau sous l’action des rayons ultraviolets B (UVB). Cette synthèse varie beaucoup selon la saison, la latitude, l’heure de la journée, la pigmentation de la peau, l’âge, la surface de peau exposée, les vêtements et les habitudes de vie. Une durée d’exposition présentée comme valable pour tout le monde serait donc trompeuse.
Chercher à produire davantage de vitamine D ne justifie pas une exposition prolongée ni l’abandon des mesures de protection solaire. Sortir régulièrement et conserver une activité extérieure est utile au bien-être général, mais le soleil ne doit pas devenir un « traitement » que l’on dose soi-même.
Les apports alimentaires
L’alimentation apporte également de la vitamine D. Les principales sources sont les poissons gras, le jaune d’œuf, certains produits laitiers, le foie et quelques aliments enrichis. Un maquereau en conserve peut par exemple contribuer aux apports dans le cadre d’une alimentation variée.
Pour les adultes, l’Anses retient une référence nutritionnelle de 15 microgrammes par jour. Il s’agit d’un repère d’apport pour la population, pas d’une ordonnance et encore moins d’une dose de complément adaptée à chaque personne. Les besoins individuels et la conduite à tenir peuvent différer selon l’âge, l’état de santé et les recommandations déjà reçues.
Pourquoi l’hiver change-t-il la donne ?
En hiver, les journées sont plus courtes, les vêtements couvrent davantage la peau et nous passons souvent plus de temps à l’intérieur. Aux latitudes françaises, l’intensité des UVB disponibles pour la synthèse cutanée diminue également pendant la saison froide. La contribution du soleil peut donc devenir plus faible.
Mais « hiver » ne signifie pas automatiquement « carence ». Le statut en vitamine D dépend aussi des réserves, de l’alimentation, de l’âge, du mode de vie, de la pigmentation cutanée, de certaines maladies et de traitements éventuels. Deux personnes vivant dans la même ville peuvent ainsi se trouver dans des situations différentes.
Apport insuffisant, déficit ou carence : de quoi parle-t-on ?
Un apport alimentaire inférieur à un repère nutritionnel ne suffit pas à établir une carence. Inversement, la quantité consommée dans l’assiette ne renseigne pas, à elle seule, sur les réserves de l’organisme. Lorsque l’évaluation biologique est justifiée, le professionnel de santé s’appuie sur la concentration sanguine de 25-hydroxyvitamine D, ou 25(OH)D.
Les mots « insuffisance », « déficit » et « carence » ne doivent pas servir à s’autodiagnostiquer à partir de symptômes très généraux comme la fatigue ou une baisse de forme. Les seuils et leur interprétation dépendent du contexte clinique. Une carence profonde peut notamment perturber la minéralisation osseuse ; son diagnostic et sa prise en charge relèvent d’un professionnel de santé.
Qui présente davantage de risques de déficit ?
Certaines situations peuvent réduire la synthèse cutanée, limiter l’absorption ou modifier le métabolisme de la vitamine D. Une discussion avec un médecin ou un pharmacien est particulièrement utile pour :
- les personnes âgées, surtout lorsqu’elles sortent peu ou vivent en institution ;
- les personnes qui exposent très peu leur peau à la lumière du jour ;
- les personnes ayant une peau très pigmentée et vivant sous des latitudes peu ensoleillées ;
- les personnes atteintes de certaines maladies digestives, hépatiques ou rénales, ou prenant des traitements susceptibles d’interagir avec le métabolisme de la vitamine D ;
- les personnes suivies pour une fragilité osseuse ou ayant déjà reçu une recommandation de supplémentation.
La grossesse, la petite enfance et l’enfance répondent à des recommandations spécifiques. Chez le nourrisson en particulier, il ne faut pas transposer une pratique destinée à l’adulte ni remplacer un médicament par un complément alimentaire sans avis professionnel.
Faut-il faire doser sa vitamine D avant d’en prendre ?
Pas systématiquement. La Haute Autorité de santé ne recommande pas le dosage sanguin de la vitamine D en routine. Elle le réserve à des indications limitées, notamment au diagnostic de rachitisme ou d’ostéomalacie, à certaines situations prévues dans le suivi des traitements de l’ostéoporose et à quelques contextes cliniques particuliers.
Le début de l’hiver, une fatigue isolée ou la simple curiosité ne rendent donc pas automatiquement ce bilan utile. Un professionnel de santé peut décider d’un dosage lorsqu’il est susceptible de modifier la prise en charge ; il en interprète alors le résultat en tenant compte de votre situation globale.
Supplémentation : pourquoi la dose ne peut-elle pas être universelle ?
La vitamine D existe sous différentes formes et concentrations, dans des médicaments comme dans des compléments alimentaires. Les prises peuvent aussi être quotidiennes, espacées ou intégrées à un produit multivitaminé. Comparer seulement le nombre de gouttes ou copier la prescription d’un proche peut donc conduire à une erreur importante.
L’âge, les apports déjà reçus, les facteurs de risque, certaines maladies et le produit choisi influencent la décision. Si une supplémentation vous a été prescrite, ne modifiez pas seul la dose ou le rythme. Si vous envisagez un produit en vente libre, présentez au pharmacien la liste de vos médicaments et compléments afin qu’il vérifie la composition et les éventuels cumuls.
Trop de vitamine D peut-il être dangereux ?
Oui. La vitamine D est liposoluble : elle peut s’accumuler dans l’organisme. Un apport excessif peut provoquer une augmentation anormale du calcium dans le sang, appelée hypercalcémie, avec des conséquences parfois graves, notamment pour les reins.
Le risque vient souvent du cumul : multivitamines, complément ciblé, huile enrichie et médicament peuvent tous contenir de la vitamine D. L’Anses alerte particulièrement sur les compléments fortement dosés chez l’enfant et recommande de privilégier les médicaments pour les nourrissons lorsque la supplémentation est indiquée. Une mention « naturelle » ou une vente sans ordonnance ne garantit pas l’absence de risque.
| Avant de prendre un produit, vérifiez :
· la quantité de vitamine D par dose ; · la fréquence de prise prévue ; · la présence de vitamine D dans vos autres produits ; · l’existence d’une prescription ou d’un conseil antérieur. |
En pratique, que faire à l’approche de l’hiver ?
- Conservez une alimentation variée comprenant régulièrement des sources de vitamine D, sans attendre d’un seul aliment qu’il couvre tous vos besoins.
- Continuez à sortir et à bouger, sans rechercher une exposition solaire excessive.
- Ne commencez pas plusieurs produits en parallèle sans comparer leurs étiquettes.
- Demandez conseil si vous présentez un facteur de risque, une maladie chronique, un traitement particulier ou si une supplémentation vous a déjà été recommandée.
- Pour un nourrisson, un enfant ou pendant la grossesse, suivez les recommandations personnalisées du professionnel de santé qui assure le suivi.
L’hiver, un bon moment pour faire le point — pas pour copier son voisin
La baisse de l’ensoleillement peut rendre la couverture des besoins en vitamine D plus difficile, mais elle ne justifie pas une supplémentation identique pour tout le monde. L’alimentation et les activités extérieures gardent leur place ; un complément peut être pertinent dans certaines situations, à une dose et selon un rythme adaptés.
Le réflexe le plus sûr consiste donc à examiner vos facteurs de risque, vos habitudes et les produits que vous prenez déjà. En cas de doute, votre médecin ou votre pharmacien pourra vous aider à décider sans dosage inutile, sans cumul et sans improvisation.
Sources principales
- Anses — Vitamine D : pourquoi et comment assurer un apport suffisant ?
- Anses — Références nutritionnelles en vitamines et minéraux
- HAS — La HAS ne reconnaît pas d’utilité au dosage de vitamine D en routine
- Anses — Vitamine D chez l’enfant : recourir aux médicaments et non aux compléments alimentaires


